|
03/06/05 - 15:17 Vies parallèles Passé le bac, tout change. Finie l'enfance, bienvenue l'âge adulte et le "sérieux". Modification des relations dans tous les secteurs : parents, frères, famille, amis, petites amies, etc. Des redéfinitions qui appellent inévitablement à des adaptations de l'identité personnelle. Au risque, s'il y a refus de s'adapter, de s'offrir une deuxième crise d'adolescence tardive… et de tomber dans l'isolement. Je m'intéresserai ici plus particulièrement au problème des amis. Dans la modification des rapports sociaux entre amis, une foule de facteurs interviennent : éloignement géographique, vie professionnelle, changements d'orientations intellectuelles, petites amies, … autant de paramètres qui risquent de miner un rapport de confiance précédemment établi. Mais surtout, un problème surgit : celui du temps et de l'écoute, de l'attention à l'autre. Qu'est-ce qui fait l'authenticité d'une relation ? Sans doute le caractère plus ou moins intime et personnel des sujets de conversation, sans doute une sérénité avec l'autre qui n'a pas à se presser et qui offre gratuitement, sans doute le partage d'un certain nombre de valeurs, sans doute la reconaissance mutuelle de l'autre comme un sujet libre et devant lequel on peut sans cesse s'étonner, sans doute enfin une surprise et une fraîcheur permanentes plutôt que la monotonie et l'ennui. Avec le travail, la "carrière", beaucoup d'amis n'ont plus le temps. Plus précisément, ils ne le prennent plus. Chacun semble s'enfermer dans sa nouvelle petite fierté, soit sa puissance, soit sa culture, soit son argent, soit son physique. On passe alors inconsciemment dans un autre registre : celui de la défiance, ou de l'instrumentalisation. On est alors en droit de s'interroger sur ce qui fondait autrefois la relation. Etait-ce un aveuglement mutuel berceur, ou les personnes se sont-elles réellement mises à changer ? J'opterai pour la deuxième solution. Malheureusement, il n'y a rien à y faire. On ne peut pas rechercher le naturel, la spontanéité. A cet égard, les déclarations mutuelles de bonnes intentions ("On se reverra bientôt", "Ca fait vraiment plaisir de te revoir", …) sont révélatrices d'un état détérioré de la relation : nos anciens amis sont devenus de vagues ombres du passé que l'on recroise à l'occasion. Au final donc, une solution : retrouver un cercle de confiance, et débusquer ceux qui nous seront vraiment proches. Drôle de pêche dans une jungle…
Entrée précédente - Entrée suivante
Visiteurs
|